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Conseils aux familles

Écrans et développement de l'enfant : trouver le bon équilibre

Sans diaboliser ni minimiser : ce que les écrans changent au développement psychomoteur, et des repères concrets par âge.

Par Benjamin Cardeur, psychomotricien D.E. à Marseille · Lecture : 6 min

C'est sans doute la question que les parents me posent le plus souvent, souvent avec une pointe de culpabilité : « Est-ce que les écrans, c'est grave ? ». Ma réponse de psychomotricien n'est ni alarmiste ni permissive. Le problème n'est pas tant l'écran en lui-même que ce qu'il remplace dans la journée d'un enfant. Voyons cela calmement.

L'idée centrale : un jeune enfant a besoin de bouger, manipuler, explorer et interagir pour se développer. Chaque heure passée devant un écran est une heure en moins pour ces expériences fondamentales. Le sujet, c'est le temps volé au corps et à la relation.

Ce que les écrans ne donnent pas

Devant un écran, l'enfant est globalement immobile, passif, et reçoit des stimulations en deux dimensions. Or, pour se construire, il a besoin de l'inverse :

Des repères par âge

Avant 3 ans

Le moins possible

C'est la période la plus sensible. Le cerveau se construit à toute vitesse à partir d'expériences corporelles et relationnelles. Les écrans n'y apportent rien et prennent la place de l'essentiel. L'idéal est de les éviter au maximum.

De 3 à 6 ans

Occasionnel, accompagné, limité

Un temps court, sur un contenu adapté, et de préférence partagé avec un adulte qui commente. Jamais pendant les repas, ni avant le coucher (les écrans perturbent l'endormissement), ni comme seul moyen de calmer une émotion.

À partir de 6 ans

Cadrer et garder le dialogue

Des règles claires sur les durées et les moments, des espaces sans écran (chambre, table), et surtout le maintien d'activités physiques et manuelles. L'objectif n'est pas l'interdiction, mais l'équilibre.

La règle qui résume tout : pas d'écran le matin avant l'école, pas pendant les repas, pas dans la chambre, pas avant de dormir. Et pour chaque écran, posez-vous la question : « qu'est-ce que ce temps remplace ? »

Quand s'en préoccuper davantage

Une surexposition n'explique pas tout, mais elle peut accentuer des fragilités. Si vous observez un retard ou des difficultés, un bilan psychomoteur permet de faire la part des choses et de vous orienter.

Mon propos n'est pas de culpabiliser : la vie de famille n'est pas un manuel. L'idée est simplement de protéger, autant que possible, le temps dont votre enfant a le plus besoin pour grandir — celui où il bouge, manipule, joue et échange avec vous.

Une question sur le développement de votre enfant ?

Je reçois enfants et adolescents à Marseille, sur rendez-vous. N'hésitez pas à me contacter pour en parler.

Prendre rendez-vous

Cet article a une vocation informative et ne remplace pas un avis professionnel individualisé. Chaque enfant est unique : en cas de doute sur son développement, parlez-en à votre médecin ou à un psychomotricien.

Benjamin Cardeur, psychomotricien D.E. à Marseille

Benjamin Cardeur — Psychomotricien diplômé d'État à Marseille (RPPS 10008396441). J'accompagne enfants et adolescents en cabinet, en ITEP et dans le cadre du parcours PCO. Me contacter